Beauté Sombre

La tête penchée
Vue perplexe
Sans mouvement aucun
J’en plaignais ma vaine recherche à la vénusté.

Quand on scrute la beauté
Elle est souvent invisible
Mais elle a toujours été entre les autres et moi

Avec sa face cachée
Qu’au départ je n’ai pas vue
Elle a su m’apprivoiser
Et moi je sombrais dans la dépression
Tête accablée

Elle mira mon portrait
Même avec ce charme-là
Un charme sombre
Un charme affligé-abattu

Fixée sur une tige dénudée
À l’intime d’un calice
Unissant des traîtres pétales
Qui se détachèrent toutes
J’ai été propulsée
vers un destin inconnu

Quand j’ai quitté mon île
Enfoncée dans ce calme
Elle mira mon visage
Elle qui me connaissait tant

Elle portait un manteau
En laine d’agneau
Et sa peau constellée
Pétillait mon chagrin
De sa bouche valsante
Comme un ange
Elle m’appelait
Elle m’appelait
Elle était trop fidèle
Pour être si sauvage
Elle avait les yeux beiges
Et ses dents miroitées
Souriaient à la merci de ma félicité

Cette terre hebergeait une poésie
Une poésie envoûtante
Qui s’amourachait de moi

Elle était nymphale
Je le confesse
Elle voulait que je tombe
Dans ses bras laineux
Elle mélopait mon histoire
Elle me la contait si mélodieusement
Que j’eusse envie de biguiner avec elle
Elle marchait à pas mendiant
_oh son pas réclamant _
Se dirigeant vers moi
D’une attention inasservie!

Elle était si brillante
Que je n’aurais pas osé reculer
Elle était si rassurante
Que je n’aurais pas osé questionner
Elle était si succulente
Que je n’aurais pas osé saliver
Elle a crié mon nom
Et j’ai embrassé le temps
Dans toute sa splendeur

Je m’en souviens
Elle était si fascinante
Qu’elle m’était divine
Elle était inhabituelle
Elle était cette baguette féerique
Qui me permuta en projectile
Tel un feu d’artifice fondu
Extasié et déboulé dans le vide

Elle était la seule
La seule à me comprendre
La seule à me protéger du froid
La seule à écouter mon silence
La seule à me dorloter

Elle s’abattit près de moi
Et ligota les couleurs de ma nuit
Elle me serra insolitement
Et ses lèvres s’entrouvrirent
_ah ses lèvres embrasées_
Au creux de mon oreille gauche
Pour finalement me siffler son nom
« SOLITUDE »

Nitza Cavalier

Auteur de l’article : admin

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