Danser sous la pluie avec Jehyna Sahyeir!

La  dernière création de Jehyna Sahyeir, le concert MARASA, a été présentée pour la deuxième fois  dans le cadre du festival, En lisant, le jeudi 11 juillet 2019, dans la cour de l’Institut Français en Haïti (IFH).

Dans une atmosphère de convivialité, en fin d’après-midi, la cour de l’Institut Français en Haïti (IFH) était déjà remplie par un public enthousiaste. La plupart d’entre eux étaient présents pour écouter encore une fois, ou découvrir, Jehyna Sahyeir, dans MARASA, durant le festival de théâtre contemporain, En lisant.

Cette année, Port-au-Prince accueille  la 4ème édition de ce festival, du 8 au 17 juillet 2019, qui a pour thème « Du bâillonnement de la parole à l’extinction de la parole bâillonnée ». Dédié au monologue, des questions relatives à la libération de la parole et l’(im)possible dialogue sont posées en mettant en scène la collection « Enfin seul », de l’éditeur belge: Emile Lansman. Cette fois-ci, les organisateurs ont tenu un pari en proposant majoritairement des interprètes féminines dont Michèle Lemoine, Jehyna Sahyeir, Sachernka Anacassis, Yvenie Paul, Sylive Laurent Pourcel, Clorete Jacinthe, Louisna Laurent.

L’air était chaud, les sens en éveil, les conversations allaient bon train, puis, d’un moment à l’autre la voix de la chanteuse  envahit l’espace! Accompagnée de son percussionniste, Marc-Harold Pierre, de Caleb Texier au piano, Oli Edlin, à la batterie, Johnson St Cyr, faisant vibrer la basse, et la voix de ses vhoristes, Valben et Rimsky Cassamajor, elle ne s’était pas fait attendre, comme font souvent  des artistes de chez nous. L’étoile, Jehyna Sahyeir a gravi avec grâce les planches, et a brillé dans tous les sens du terme. Tout de noir vêtue, maquillage léger, avec des bijoux gorgés de couleur, une jupe aérienne d’un tissu diaphane portant à nu ses  pieds énergiques  esquissant  gracieusement des pas de danse. Jehyna qui dit « chanter la vie », use de ses bras, de ses mains, de ses doigts, de ses locks, de ses jambes, de son buste pour délivrer un délice artistique hors pair!

Pour ceux et celles qui sont en train de faire connaissance avec l’artiste, Jehyna Sahyeir Célestin, de son nom complet, est une chanteuse, parolière, comédienne, et membre du collectif Feu Vers (Premier collectif de SLAM en Haïti). Cette voix de chez nous, a déjà chanté aux côtés d’icônes de la musique haïtienne, tels que James Germain et Emeline Michel. Elle marche dans le sillon  des artistes comme Nina Simone, Aretha Franklin, Lauryn Hill ou Jennifer Hudson. Sans doute pour cela, elle a pris le temps durant son spectacle de rappeler la situation politique et sociale très tendue que nous vivons actuellement, se positionnant en tant qu’artiste engagée et  en condamnant le récent massacre de la Saline , moins d’un an après l’autre drame qui a eu lieu dans ce quartier défavorisé.

MARASA,  a été joué  à la salle Polyvalente de la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL), le 29 mars 2019, pour la première fois. Pour celui de l’IFH, Jehyna est restée fidèle a  son répertoire musical chromatisé, où les couleurs des rythmes Vaudou-jazz fusionnent allègrement. Arc-en-ciel de couleurs, arc-en-ciel d’émotions, c’est ce qu’a offert la chanteuse avec MARASA, « lwa » (esprit Vaudou) représenté par de multiples couleurs. Mais aussi, MARASA, parce que ce spectacle est un mélange particulier entre deux univers culturels, Haïtien et Afro-américain, deux modes musicaux,  précisément le vaudou et le jazz, qui partagent les mêmes racines, les mêmes histoires, les mêmes injustices et improbités. Un pont entre les captifs  des champs de coton et ceux des cours en terre battue des péristyles.

En tant qu’étoile, Jehyna Sahyeir a ouvert sa voix, diffusant ainsi des rayons de lumière en entrelaçant mot, corps et son. Et comme si cela n’était pas suffisant, dame pluie a décidé de jouer également sa partition en  se déversant, goutte par goutte. L’ invitée surprise s’est immiscée en narguant tout le monde, en bon retardataire. Elle s’est rapidement intégrée dans le décor en donnant un tout autre ton à l’événement! Le public a chanté, vibré avec MARASA, et encore mieux, on a dansé, le cœur en  joie,  sous la pluie!

Hervia Dorsinville
dhervia04@gmail.com

Auteur de l’article : admin

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