Notre vagin a besoin d’amour, nous avons besoin d’amour

À l’origine d’un one-woman-show joué par l’auteure à Broadway. La pièce « Les monologues du vagin », est le résultat de plus de 200 interviews de femmes, auxquelles l’auteure a demandé de s’exprimer sur leur vagin, sujet tabou. Depuis sa parution aux États-Unis en 1998, « Les Monologues du vagin » a déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si divers…

S’il faut aborder le sexe féminin, il est particulièrement nécessaire de s’attarder sur la « chatte », la « chouchoune » ou la « coucounette ». En raison de notre éducation et de notre langage quotidien, le sexe féminin ne se résume parfois qu’à ces termes. Comme quoi, prononcer le vrai mot serait synonyme de manque de pudeur ou une preuve d’indiscrétion. Mais pourquoi ne pas simplement dire « Vagin »? Oui, Vagin! Le terme est si simple et a tout son sens, pourquoi l’éviter et ainsi ignorer le fait qu’il soit l’essence même de la gente féminine?

« Mon vagin est un coquillage, un coquillage rond rose et délicat qui s’ouvre et qui se ferme. Mon vagin est une fleur, une tulipe excentrique, son coeur est vif et profond, son parfum est délicat, ses pétales doux et fermes à la fois. »

Ensler Eve 2005(1996). Les Monologues du vagin, page 25.


Les Monologues du Vagin, une pièce écrite par l’américaine Eve Ensler, est connue et jouée dans le monde entier. Dramaturge et féministe, Eve a défendu l’idée que le Vagin doit, non seulement faire partie de la vie des femmes, mais également faire partie de leur vocabulaire. Ainsi, elle a estimé à travers son humour et sa nature féministe, que leur intimité demeurera sacrée et respectée à chaque fois qu’elles n’auront plus peur ni honte d’intégrer leur vagin à un discours féminin plein de puissance et de sagesse.

« Eh bien moi, je vais vous dire, vous êtes la première personne à qui je parle de ça, et je me sens un petit peu mieux. »

Ensler Eve 2005(1996). Les Monologues du vagin, page 22.
Première de couverture du livre

Entre discours féminin et intimité, Eve Ensler, a fait témoigner plusieurs femmes de tout âge et sans distinction sur leur relation avec leur Vagin. En parcourant leur histoire, les monologues du Vagin, nous amènent à comprendre le gêne, la honte ou le dégoût que des femmes nourrissent à l’idée de localiser leur vagin, ou de se toucher le clitoris, ou de se masturber et apprendre à connaitre leur corps, à se donner du plaisir qui rimerait, selon Eve Ensler, à être Femme.

« Je lui ai demandé si le fait de me raser le vagin empêcherait mon mari d’aller voir ailleurs…. »

Ensler Eve 2005(1996). Les Monologues du vagin, page 12.

Les témoignages nous conduisent également vers une conclusion qui considère le vagin comme un élément qui pouvant influencer les choix d’une femme en se penchant d’abord sur son besoin de protéger son intimité et d’assurer son confort.


Abordant ainsi le choix de se raser ou pas, les monologues du Vagin, touchent également les divers handicaps que vivent les femmes suite aux mutilations, aux viols et autres violences de tout genre sans négliger de souligner que depuis tant d’années et jusqu’à nos jours, les femmes ne sont point maîtresses de leur liberté, de leurs choix :

« La vente des vibromasseurs est interdite par la loi dans les états suivants : Texas, Georgie, Ohio, Akansas. Si vous vous faites prendre, vous risquez une amende de 10 000 dollars et un an de travaux forcés. En revanche, dans ces mêmes états, la vente des armes est parfaitement légale. Et pourtant, on a jamais vu un massacre collectif causé par un vibromasseur. « 

Ensler Eve 2005(1996). Les Monologues du vagin, page 53.

Si Eve Ensler nous dicte d’oser parcourir les couloirs de notre vagin, cela rime à daigner parcourir les plus belles profondeurs de notre intimité. De notre moi. De notre féminité. Si les monologues du vagin n’excluent nullement les violences que subissent les femmes, c’est une évidence que les femmes ont encore du chemin à brosser. Les monologues du vagin, constitue à nous éclairer sur notre force, notre pouvoir, notre sagesse qui est notre Vagin. Oui. Il n’est pas nécessaire d’aller le chercher et le trouver car, il réside en nous. Notre vagin est nous.

« Le coeur est capable de sacrifice.
Le vagin aussi.
Le coeur est capable de pardonner et de réparer.
Il peut changer sa forme pour nous laisser entrer.
Se dilater pour nous laisser sortir.
Le vagin aussi.
Il peut souffrir pour nous, s’ouvrir pour nous, mourir pour nous.
Et saigner pour nous dans ce monde difficile et merveilleux.
Le vagin aussi… »

Ensler Eve 2005(1996). Les Monologues du vagin, page 65.

Ramphir Dorvil

ramphirdorvil@gmail.com

Auteur de l’article : admin

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